Vision cherche de nouvelles façons d’être ensemble en explorant une question apparemment simple : qu’est-ce que voir et, dans ce cas, regarder ?
Éric Minh Cuong Castaing
Cela fait près d’une vingtaine d’années que la compagnie Shōnen, née sous l’impulsion du chorégraphe et plasticien Éric Minh Cuong Castaing, explore le lien entre l’art et la société. Revendiquant des projets in socius, n’oblitérant aucune des questions liées à l’inclusion, la compagnie s’est spécialisée dans l’alter-spectacularité, par exemple en s’associant à des performers atteints de handicaps.
Le propos de Vision consiste à mettre l’accent sur le regard que portent les spectateurs sur les interprètes, et inversement. Qu’ils soient danseurs, acteurs, musiciens, tous les artistes qui participent à ce spectacle sont atteints, à des degrés divers, de déficiences visuelles : mal et/ou non-voyants, leur vision est floue, double, périphérique, quand ils ne sont pas dans l’incapacité de voir, en raison de leur cécité. Dès lors, ce spectacle met l’accent sur d’autres sens : l’ouïe, bien sûr, ou encore le toucher.
L’inclusion, on l’aura compris, est au cœur de la démarche. Mais l’inclusion, c’est aussi la participation des spectateurs à cette autre manière de penser les rapports entre l’art et la société. Alors, d’une représentation, on passe à une déambulation dans les murs du Théâtre du Châtelet : non seulement c’est une autre façon d’occuper l’espace, mais c’est aussi un acte de solidarité et de fraternité.