Et l’on commença à sentir le principal avantage du commerce des Muses, celui de rendre les hommes plus sociables en leur inspirant le désir de se plaire les uns aux autres par des ouvrages dignes de leur approbation mutuelle.
Jean-Jacques Rousseau
Les Folies musicales du Châtelet – festival de musique classique pas tout à fait classique – sont de retour cette saison, pour la troisième édition. Avec la même exigence, le même désir et la même originalité, le festival libère le concert des conventions afin de mieux jouer sur la perception de la musique, grâce à une programmation placée sous le signe de l’hybridité.
Et c’est bien là toute la singularité des Folies musicales du Châtelet : balayer les stéréotypes pour mieux mixer les genres, les styles, les esthétiques et faire ainsi écouter la musique autrement, mais toujours passionnément. La musique est ainsi mêlée à la danse, la vidéo s’invite au plateau et les musiciens quittent la fosse pour monter sur scène ! In fine, le spectacle vivant l’emporte, bien souvent, sur le concert !
Du reste, le festival investit l’ensemble des espaces du théâtre, par-delà la Grande Salle, de manière à faire résonner la musique dans les foyers et les salons, avec des effectifs variés, de la musique de chambre aux grandes formations symphoniques, en passant par le récital et parfois-même, des DJ sets !
L’objectif est clair : faire aimer la musique, l’animer et la partager, peu importe l’âge que l’on a, la pratique et la maîtrise ou non du répertoire. Enfin, si la programmation est épique et éclectique, ne serait-ce que parce qu’elle est en contrepoint de l’art de la convention, elle n’en reste pas moins exigeante, offrant au public du Théâtre du Châtelet des rencontres avec des solistes de renom autant qu’avec des artistes ou des ensembles émergents, fidèles à l’esprit et au ton des Folies musicales. C’est donc la perspective de sympathiques retrouvailles, d’étonnantes rencontres et de belles découvertes qui s’offre, cette année encore, aux amateurs de toutes les musiques, y compris quand elles sont dites… « classiques » !