Comme compositeur et parolier – et genre à lui tout seul –, Sondheim lance un défi à son public. Ses plus grands succès ne sont pas de simples airs que l’on fredonne, ce sont des méditations sur les routes que l’on n’a pas prises, sur les souhaits dévoyés, sur des relations tellement élimées et disloquées qu’il n’y a plus d’autre choix que de faire entrer les clowns. Et pourtant, la musique de Stephen est si belle, ses paroles si exactes, qu’au moment même où il révèle les imperfections de la vie quotidienne, il les transcende. Et nous les transcendons. C’est très simple : Stephen a réinventé la comédie musicale américaine.
Barack Obama
Le 4 avril 1994, dans les colonnes du New York Magazine, James Kaplan publiait un article consacré à Stephen Sondheim. Intitulé « The Cult of Saint Stephen Sondheim », cité maintes et maintes fois sous un titre erroné, « Is Stephen Sondheim God ? » – « Stephen Sondheim est-il un dieu ? », cet article caractérise, aujourd’hui encore, l’importance de l’auteur et compositeur américain dans l’histoire de la comédie musicale : inventeur d’une nouvelle forme de dialogue théâtral, il a non seulement offert de nouvelles perspectives à la comédie musicale, mais l’a aussi, tout simplement, réinventée. Après avoir fait ses classes aux côtés d’Oscar Hammerstein II, il devient, en 1957, le parolier de Leonard Bernstein pour West Side Story. Un peu moins de quinze ans plus tard, le 26 avril 1970, Stephen Sondheim crée Company à l’Alvin Theatre : c’est son premier chef-d’œuvre à Broadway. Récompensé par six Tony Awards, l’auteur et compositeur s’impose aussitôt sur la scène new-yorkaise et mondiale.
Associé au librettiste George Furth et au metteur en scène Harold Prince, Stephen Sondheim a produit le tout premier « concept musical ». Sans grands numéros dansés, sans histoire linéaire, Company est une succession de saynètes qui questionnent l’entrée dans la vie d’adulte, à partir d’un récit fragmenté. La chanson catalyse l’émotion et provoque la réflexion des spectateurs sur les tourments d’un jeune homme, Bobby, qui fête son trente-cinquième anniversaire entouré de ses amis, déjà installés. Célibataire et volage, Bobby est perplexe quant au mariage et Stephen Sondheim joue sur la complexité des états d’âme de ce trentenaire autant qu’il interroge l’individualisme, le couple et les vertus supposées de l’engagement.
À la manière d’une étude de mœurs, Company est certes une observation fine de la vie urbaine des bourgeois aux États-Unis aux confins des années soixante, mais l’œuvre est aussi prétexte à un regard sensible et intelligent sur l’amitié, l’amour et la solitude.

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