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La solidarité en partage

La solidarité comme principe : telle est la devise des Robins des Bois, qui favorisent l’accès du Châtelet à un public inaccoutumé. Individuels comme entreprises pourront en effet financer des places pour d’autres. Les membres s’engagent ainsi dans un geste solidaire et partagent avec les publics le plaisir de découvrir un spectacle. Ruth Mackenzie, la directrice artistique du Châtelet, s’est entretenue de ce projet avec Philippe-Henri Dutheil, président des Robins des Bois.

On aime tous l’histoire de Robin des Bois, qui prend aux riches pour donner aux pauvres, mais qu’est-ce que cela signifie pour vous et le Châtelet ?

Pour moi, au-delà du symbole, il s’agit de jouer un rôle de « passeur » ; c’est-à-dire de solliciter les personnes qui bénéficient d’un accès facilité à la culture, pas seulement financièrement mais aussi socialement ou géographiquement, pour se mettre au service de celle ou de celui qui n’a pas cette opportunité.

Pourquoi souhaitez-vous, avec le Châtelet, ouvrir les portes du Théâtre à ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter des places ?

Parce que cela va contribuer à ouvrir la curiosité de chacun : de celui qui offre (et pas seulement un billet mais aussi du temps, je l’espère) tout autant que de celui qui reçoit… Ainsi, le Châtelet souhaite mettre mille places à disposition pour chaque production de la saison 2019-20 grâce aux Robins des Bois. Au-delà du rayonnement du Châtelet, c’est cette ambition du projet de réouverture que vous promouvez, qui m’a enthousiasmé et c’est pour cela que j’ai accepté de prendre la responsabilité des Robins des Bois.

Pourquoi pensez-vous qu’il est important que les personnes qui ont les moyens d’acheter des places soutiennent ceux qui ne les ont pas ?

Je considère que c’est une expression du vivre-ensemble… Nous sommes petit à petit en train de perdre ce lien social qui cimente une société. Nous sommes dans un temps, que j’espère le plus éphémère possible, où ce vivre-ensemble est remplacé par une vague et ténue coexistence entre communautés d’intérêts souvent antagonistes ; notre initiative ressort de la logique de recréer ce vivre-ensemble, c’est-à-dire ce temps nécessaire du partage.

Cette action concerne-t-elle juste le Théâtre ou vise-t-elle à créer une meilleure société aujourd’hui ? Est-ce la mission d’un théâtre ?

Bien sûr, j’en suis convaincu, le temps où le théâtre se cantonnait à représenter le monde réel, idéal ou idéalisé est révolu. Il doit être un lieu d’interpellation, d’échange (voire de co-construction) sur le monde qui nous entoure ; par la dramatisation qui sous-tend la création, il doit poser les bases d’une humanité renouvelée.

Et est-ce votre mission de rendre notre société plus juste ?

Oui, sans hésiter. Il est de la responsabilité de chacun, à quelque titre que ce soit, dans sa vie professionnelle, sociale, amicale ou familiale, de contribuer à rendre le monde meilleur.

 

Philippe-Henri Dutheil est avocat honoraire, ancien bâtonnier des Hauts-de-Seine, membre du Haut Conseil à la Vie Associative et membre du Conseil Supérieur de l’Économie Sociale et Solidaire.

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