« Ancien Brésil – Brésil Nouveau » | Un week-end thématique au théâtre du Châtelet pour célébrer les échanges culturels entre le Brésil et la France.
À la croisée de l’art lyrique et des musiques populaires brésiliennes, Marias do Brasil rend hommage à deux grandes voix féminines invisibilisées de l’histoire de la musique : Joaquina Lapinha, première chanteuse lyrique noire du Brésil au dix-huitième siècle, et Maria d’Apparecida, mezzo-soprano ayant conquis la scène française au vingtième siècle, dans le rôle de Carmen.
Séparées par deux siècles, ces deux artistes incarnent un héritage puissant et méconnu. Elles ont traversé les frontières sociales et géographiques pour faire entendre leur voix, entre opéra, modinhas, bossas et chôros. Le spectacle questionne à la fois le souvenir d’une voix oubliée et les enjeux de la place des femmes dans l’histoire : comment rendre un visage et une voix à celles qui ont été effacées ?
A partir d’un dispositif scénique audiovisuel, la metteuse en scène Ligiana Costa crée un « concert poético-documentaire » où le sopraniste Bruno de Sá et la soprano Luanda Siqueira prêtent leur voix à ces figures pionnières, entre mémoire et imagination. Avec l’ensemble Americantiga, dirigé par Ricardo Bernardes, ils redonnent vie à un répertoire métissé, du baroque luso-brésilien aux chansons de Chiquinha Gonzaga, en passant par des compositions de Heitor Villa-Lobos et Waldemar Henrique, entre autres.
Marias do Brasil est un hommage politique et vibrant à ces figures invisibles qui nous ont légué cet héritage musical. Un spectacle qui célèbre la pertinence, la puissance et la créativité des artistes brésiliennes.
Illustration : Portrait de femme noire de la série « o eu plural » de Rodrigo Bueno / Mata Adentro
