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05 Mar. 2020

Plein feux

Marie-Noëlle Robert

3 question à Laurent Valière

Producteur de l'émission "42e Rue" sur France Musique, Laurent Valière est spécialiste de la comédie musicale.

Où se situe cette fameuse 42e rue ?
C’est l’une des rues de Manhattan, et c’est dans un des théâtres de cette rue, le Nederlander Theater, qu’avaient lieu les Ziegfeld Follies, dans les années 1910. Ces grandes revues créées par Florenz Ziegfeld débordaient d’argent et de jolies filles un peu dénudées. Mais en réalité, il n’y avait pas tant de théâtres que ça sur la 42e rue. Dans les années 1980, c’est un quartier plutôt réputé pour ses prostituées, c’est un quartier malfamé. Et puis dans les années 1990-2000, la Walt Disney Company a racheté ce théâtre, et a soutenu, en partenariat avec le maire de New York, une politique d’assainissement de la rue. Aujourd’hui, si vous vous baladez, c’est une jolie rue pavée avec un très beau cinéma, des néons… c’est devenu Las Vegas !

42nd Street, c’est d’abord un film…
En 1929, le cinéma se met à parler, et en même temps c’est la crise à Broadway. Les producteurs d’Hollywood en profitent pour faire venir tous les producteurs et compositeurs de Broadway en leur faisant des ponts d’or. Tout le monde y va : George Gershwin, Cole Porter… C’est une période où les comédies musicales sortent en masse dans les cinémas.
Mais très vite, le public se lasse, ça tourne en rond. En 1932, le chorégraphe Busby Berkeley va révolutionner le genre avec 42nd Street. Il y a 200 danseuses dans le film ! Les numéros sont très originaux, surtout grâce à des mouvements de caméra inédits, mais très coûteux. Le film a coûté 400 000 dollars, et un seul numéro pouvait coûter jusqu’à 100 000 dollars ! Mais 42nd Street est un tel succès qu’il sauve de la faillite la Warner, qui produit le film.

Le spectacle, créé en 1980, va-t-il lui aussi réinventer le genre ?
Mickael Stewart va adapter 42nd Street à Broadway. C’est un dramaturge également auteur de Hello Dolly. Là, l’idée, c’est de faire un grand spectacle, avec 57 acteurs, ce qui est énorme. On est alors dans les années 1980, et c’est la fin d’une époque : la fin des dernières grandes productions américaines. Si le film reflète une réalité sociale, la comédie musicale est bien plus légère, c’est un « backstage musical » : on raconte les coulisses d’une comédie musicale, ce qui est bien pratique pour justifier que les acteurs se mettent à chanter. Le metteur en scène, Gower Champion, essaye de retrouver les idées de Busby Berkeley mais de façon théâtrale. Sa grande idée est d’avoir aligné, pour la scène d’ouverture du spectacle, toutes ses danseuses sur l’avant de la scène, et de ne relever le rideau qu’à 60 centimètres de hauteur, donc au niveau des genoux. Et pendant une minute, on voit des filles qui font des claquettes. Et c’est génial, c’est comme un gros plan au cinéma, et Stephen Mear a conservé cette idée. C’est un excellent moyen de capter l’attention du spectateur, d’autant que 42nd Street est LE spectacle de claquettes par excellence.

Propos recueillis par COLIN GRUEL-POSNIC, ALBANE GUICHARD & SAMUEL KAHN

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